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Source : http://www.tariqramadan.com/article.php3?id_article=0060 (Extraits)
Les [commentaires surlignés et entre crochets] sont des ajouts.

Préface du Coran (extrait)

Le Verbe et ses Signes

mercredi 22 septembre 2004, par Tariq RAMADAN

Pour les musulmans, le Coran est le Texte de référence, la Source et l’Essence du message que le Créateur a fait parvenir aux hommes. Il est la dernière occurrence d’une myriade de Révélations adressées aux êtres humains à travers l’Histoire. Il est le Verbe de Dieu... mais ce Verbe n’est pas Dieu. Le Coran révèle, dévoile et oriente : il est une lumière (an-Nûr) qui répond à la quête de sens inscrite dès l’origine (al-fitra) dans l’intimité de chaque cœur. Le Coran est Rappel (adh-Dhikr) de tous les messages, ceux de Noé et d’Abraham, de Moïse et de Jésus : comme eux, il rappelle et enseigne aux consciences que la Vie a un sens, que les faits sont des signes. Le Coran est une initiation au discernement (Al- Furqân). Il est Le Livre (al-Kitâb) pour les musulmanes et les musulmans du monde entier et paradoxalement ce n’est sans doute pas le livre qu’il faut lire en premier quand on veut connaître l’islam [En effet : vu que c'est un texte conçu pour être incompréhensible et manipulatoire, soit on est dégouté et on s'en va, soit on comprend que c'est un outil de manipulation et on part en courant aussi. Pour ne pas être dégouté, le premier livre à lire est la biographie de Mahomet, et ensuite le coran, qui n'est que la version de la biographie de Mahomet destinée au lavage de cerveau dans les « écoles » coraniques.]. Il est d’un abord tout à la fois extrêmement simple et profondément complexe et la nature des enseignements spirituels, humains, historiques et sociaux que l’on peut en extraire se conjugue à différents niveaux quant au rapport au Transcendant, à la relation aux hommes, à l’éthique ou à l’action. Le Texte est un mais ses lectures sont plurielles et il est impératif de ne jamais les confondre.

Le Coran et le cœur : un dialogue
Pour celle ou celui qui a reconnu la Présence du Très-Haut et dont le cœur a adhéré au message de l’islam, le Coran parle de façon tout à fait singulière. Il est la Voix et la Voie : Dieu parle à son être, à sa conscience, à son cœur et Lui montre le chemin de Son agrément, de Sa connaissance et de Sa rencontre : « Voici Le Livre, il ne s’y trouve point de doute ; il est une Voie pour celles et ceux qui ont acquis la conscience de Dieu ». Plus qu’un texte, il est le compagnon de route que l’on psalmodie, que l’on chante ou que l’on écoute : partout, dans le monde musulman, dans les mosquées, dans les demeures et dans les rues, on entend de magnifiques voix diffuser dans les airs la Parole du divin. Et les cœurs, parfois distraits, parfois attentifs, le plus souvent méditatifs, répondent à cet Appel qui est une invitation au dialogue lancée par le Créateur du Tout au cœur de chacun. Ici, point de distinction entre le savant (al-‘âlim) et l’être du commun, le Coran parle à chacun sa langue, à sa portée, à son intelligence, à son cœur, à ses questions, à ses joies comme à ses blessures. C’est ce que les ulémas ont appelé al-qirâ’a at-ta’abudiyya, la lecture ou l’écoute destinée à l’adoration. La musulmane ou le musulman lit ou écoute le texte en cherchant à s’imprégner de la dimension spirituelle du message : au-delà du temps, au-delà de l’histoire et des millions d’êtres sur la terre, Dieu lui parle, l’appelle et le rappelle, l’invite et l’oriente, conseille et commande... Dieu lui répond, à lui, à elle, à son cœur, sans intermédiaire, intimement. Pas besoin d’études ou de diplômes, de maîtres ou de guides... ici, pour ses premiers pas, Dieu, ar-Rab, Celui qui éduque et qui forme, offre la simplicité de Sa proximité. Le Coran est alors la propriété de chacun, sans différence, sans hiérarchie... [C'est bien le problème : comme c'est un manuel de manipulation, chaque apprenti gourou peut s'en servir pour son propre compte.] Dieu, sans distinction, vient à celui qui vient à Son Verbe. Il n’est pas rare d’observer alors des femmes et des hommes, pauvres ou riches, savants ou illettrés, d’Orient ou d’Occident... faire silence, regarder au loin, penser, s’effacer, pleurer. La quête du sens a rencontré le sacré, Dieu est à proximité : « Certes, Je suis proche. Je réponds à l’appel de qui m’appelle quand il m’appelle » Un dialogue. Intense, permanent, toujours renouvelé entre un Livre qui dit l’infinie simplicité de l’adoration de l’Un et un cœur qui exprime l’intense effort (jihâd) [Hop, un petit coup de manipulation : jihad veut certes dire littéralement "effort" mais à toujours été utilisé pour signifier "faire l'effort de se battre militairement".] pour se libérer et Le rencontrer. Le Coran est au cœur de l’épreuve de chaque cœur. Il offre la paix et initie à la liberté.

Une étude complexe
Il existe néanmoins plusieurs niveaux de lecture dans des domaines tout à fait distincts. Il faut d’abord avertir le lecteur de la construction même du texte. Le Coran a été révélé, par séquences inégales et parfois par chapitres entiers (sourates), sur une durée de vingt-trois années. Le texte, dans sa composition finale, ne suit pas l’ordre chronologique ni d’ailleurs la logique d’un ordre thématique strict. Deux impressions surgissent au moment de la lecture : la répétition des histoires de Prophète et des formules et des informations qui renvoient à des situations historiques particulières que le Coran ne précise pas. La compréhension, à ce premier niveau de lecture, exige du lecteur un double travail : si la répétition est, sur le plan spirituel, un rappel et une revivification, [Sur le pplan psychologique, ce n'est rien de plus qu'une technique de lavage de cerveau par bourrage de crâne.] elle exige, sur le plan intellectuel, un travail de recomposition. Les histoires d’Eve et d’Adam ou encore de Moïse, par exemple, sont rapportées à plusieurs reprises avec des éléments différents sans être contradictoires : c’est à l’intelligence humaine de recomposer la trame de la narration afin de réunir tous les éléments permettant d’appréhender les faits. Cela n’est pas suffisant. Il faut encore tenir compte du contexte auquel se réfèrent les faits narrés : tous les commentateurs, sans distinction d’écoles de droit, sont d’accord pour dire que certains versets du texte révélé (notamment ceux qui font référence à la guerre, mais pas uniquement) parlent de situations précises qui ont eu lieu au moment de leur révélation. Il est impossible, sans rapport à la contingence historique, d’en tirer des enseignements bruts sur telle ou telle dimension de l’islam : ici, l’intelligence est invitée à observer les faits, à les étudier en fonction d’un environnement et à en tirer des principes à travers une étude dialectique du texte et du contexte. [...et de la biographie de Mahomet, modèle à suivre pour tous les musulmans.] Travail exigeant qui requiert une étude, une spécialisation et une grande prudence, nous dirions même une extrême pudeur, intellectuelle (...)