| Le projet de mosquée en quête d'un second souffle |
TROP AMBITIEUX ? C'est la question que certains se posent aujourd'hui.
La communauté musulmane de Cergy, forte de 1 500 familles (environ 6 000 à 7 000
personnes), et la ville n'ont-elles pas vu trop grand dans la réalisation
de la future mosquée, avenue du Hazay, dans le quartier des Hauts-de-Cergy ? Un an et demi après le conseil extraordinaire et
solennel consacré à la mise à disposition d'un terrain aux fidèles, c'est
le silence radio. Le permis de construire n'a pas encore été déposé.
Sur le papier, le projet semble magnifique. Il
porte la patte de l'architecte Franck Hammoutène, récompensé de l'Equerre
d'argent 2006, pour l'extension de la mairie de Marseille.
Un investissement privé évalué à quatre millions d'euros
A Cergy donc, l'édifice religieux aura une allure
futuriste, avec un dôme en métal tressé et pourra accueillir 900
personnes. Viendra s'y adosser un institut culturel qui abritera l'école
coranique, un salon de thé et un espace d'expositions. De son côté, la
municipalité s'engagera à aménager la place piétonne autour, dite place
des « cultures du monde », toujours sous le contrôle de Franck Hammoutène.
L'investissement privé est évalué à quatre millions d'euros par la
Fédération musulmane de Cergy, porteuse du dossier. Son président d'honneur,
Muhammed Monayajo, explique que la moitié du financement se fera par des
emprunts (que la commune garantirait), l'autre par des dons. Selon les
comptes arrêtés début mars, la communauté a levé 328 000 € auprès de ses
membres. « Il nous manque 350 000 € pour démarrer les travaux », ajoute
Muhammed Monayajo. Le représentant de la Fédération, qui ne désarme pas,
souhaite rencontrer le maire de Cergy, Dominique Lefebvre (PS), et l'architecte, pour «
discuter et revoir le montant du chantier à la baisse ». L'aspect très
contemporain du futur lieu de culte est une volonté de la municipalité : «
Il n'était pas question d'avoir une mosquée de style mauresque comme à Vauréal, en plein coeur d'un quartier très moderne »,
rappelle-t-on dans l'entourage du maire. La Fédération musulmane qui est
d'accord sur le principe envisagerait juste de réaménager une petite
partie du projet, en se passant de l'allée recouverte d'une structure
prévue par l'architecte. Histoire de réduire les coûts à sa charge. Claude
Marchandon, élu de droite dans l'une des deux oppositions municipales,
remarque : « Dominique Lefebvre a voulu une mosquée de prestige, avec un
espace qui la mette en valeur. Il a tenu à faire quelque chose dont on
parlerait. Mais cela nécessite d'avoir de l'argent pour les fidèles. » Un
proche du conseiller municipal UMP Jean-Marie Chaussonnière va plus loin
dans ses interrogations : « Le concept paraît pharaonique. On se demande
si le projet n'a pas été pensé pour n'être jamais réalisé. » Ces doutes,
le président d'honneur de la Fédération les écarte. « Cela fait des années
que nous voulons cette mosquée. Nous pensons que ça vaut le coup
d'attendre. On y arrivera. Ce sera quelque chose d'exemplaire », estime
Muhammed Monayajo, qui espère le début des travaux pour l'année prochaine.
« Nous avons de nombreuses personnes qui nous disent qu'elles donneront de
l'argent le jour où le chantier commencera. »
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En attendant la réalisation de la mosquée, les
fidèles continuent à se retrouver au gymnase des Chênes pour prier.
(LP/E.B.) Claire Guédon Le Parisien , samedi 10 mars 2007 |