Choix de
l’emplacement. Pour la munici-
palité, la mosquée doit être implantée
dans un
lieu de
centralité et dans un quartier qui ne soit
pas habité
majoritairement par des Cergyssois
de confession
musul-
mane. « La mosquée
appartiendra
à tous les
Cergyssois
», aime à dire
Moussa Diara.
« Nous ne
voulons pas
d’un quar-
tier
protestant qui serait
aux
Touleuses, un quar-
tier
catholique qui serait
au Village
et d’un quar-
tier
musulman qui serait
à l’Axe
majeur-Hor-
loge »,
poursuit Domi-
nique Lefebvre.
La mosquée s’élèvera donc
aux
Hauts-de-Cergy,
un quartier en développement
où l’église
Ozanam affirme depuis un an la pré-
sence du culte
catholique. Le terrain d’un hec-
tare est bordé
par l’avenue du Hazay, la voie de
chemin de fer
et le mail du Terroir. L’espace sera
ouvert, une
grande place publique donnera sur
la mosquée. L’édifice religieux
côtoiera un
espace public
dédié aux arts et cultures du
monde.
Choix de
l’architecture. La Ville et la FMC
ont choisi de
travailler avec le même architecte:
Franck
Hammoutène. Le projet est
à l’image
de Cergy,
résolument contemporain. La mos-
quée est, selon
les mots de l’architecte, « en
communication
avec l’espace extérieur ». Tout
en gardant les
symboles forts de l’islam, la mos-
quée de Cergy
n’aura pas de références archi-
tecturales
importées des pays d’origine. Franck
Hammoutène dit
qu’il a voulu éviter « les cari-
catures de
style ». « L’is-
lam de France
existera
réellement
quand l’archi-
tecture
musulmane de
France verra
le jour », for-
mule Moussa
Diara. La
mosquée de Cergy
ne
ressemblera à
aucune
autre, elle
sera un
modèle de mosquée
européenne. Une
mos-
quée qui
reflète la diver-
sité de la
communauté
musulmane
vivant en France.
Financements.
La Ville respecte à la lettre
la loi de 1905
qui l’autorise uniquement à
proposer le
bail emphytéotique et à garantir
les emprunts de
la FMC auprès des banques.
La mosquée, dont le coût est
estimé à plus
de 3 millions
d’euros, sera donc entièrement
financée par la
FMC qui compte sur le mois
du ramadan pour
commencer à collecter des
fonds. La FMC
vient de solliciter Dalil Bou-
bakeur,
président du Conseil français du Culte
musulman et
recteur de la Mosquée de
Paris,
pour la
soutenir dans des démarches de
recherche de
fonds notamment auprès de la
fondation en
cours de création et de tous les
financeurs
potentiels.?
’est en décembre
2001 que
le maire,
Dominique
Lefebvre, évoque
pour la
première fois la
construc-
tion d’une mosquée à Cergy
pour mettre fin
aux années de frustra-
tion causées par
l’absence de lieux de
prières
permanents. Vieux serpent de
mer, la mosquée
est
réclamée
depuis vingt
ans
par les
Cergyssois
de confession
mu-
sulmane.
Domini-
que Lefebvre et
le
Conseil
municipal
de Cergy
sont
déterminés à
les
aider, dans le
cadre de la loi de 1905, à
construire une
mosquée digne de
ce
nom. « La
construction d’une mosquée est
un projet républicain, car elle
accroît la
liberté de
culte, assure l’égalité entre les
cultes
(Cergy compte trois églises et un
temple
protestant) et renforce le sentiment
de fraternité
car les Cergysssois reconnais-
sent enfin aux
musulmans le droit d’exer-
cer dignement
leur religion », explique-t-
il.
Les étapes.
Dans un contexte interna-
tional difficile,
la Ville met en place en
2002 une
commission de réflexion qui
regroupe des
élus de la majorité et de
l’opposition
municipales. De ces
réunions
ressort
l’idée de
fédérer
les
différentes
associations
mu-
sulmanes
déjà
existantes à
Cergy.
Le 19
décembre
2002, le
Conseil
municipal a
émis
le vœu que
l’en-
semble de ces
associations se fédère,
comme condition
nécessaire, à la pour-
suite de la
réflexion sur la construction
de la mosquée.
Moussa Diara,
conseiller municipal
chargé de
l’Intégration, engage le dia-
logue avec les
associations représenta-
tives en vue de
ce rapprochement. Une
quinzaine
d’associations se réunissent
le 5 janvier 2003
au LCR de la Croix-Petit
pour débattre du
projet de la mosquée.
L’assemblée
décide de rédiger une charte.
Après quatre mois
de travail, celle-ci sera
signée le 2 avril
par les dix plus impor-
tantes
associations en présence du
maire. La Ville
signe le même jour le pro-
tocole d’accord
qui lie désormais la fédé-
ration musulmane
de Cergy (FMC) et la
municipalité. Le
22 juin 2003, le bureau
de la FMC est
élu, à l’image de la diver-
sité de la
fédération, qui regroupe des
associations
maghrébines, sahéliennes,
indiennes,
sud-asiatiques.
Lors du tout
récent conseil municipal
extraordinaire
du 29 septembre 2005, la
Ville signe avec
la FMC le bail emphy-
téotique d’un
terrain de plus de 2000 m