Chapitres V et VI du livre d'André Servier
publié en 1923.
CHAPITRE CINQUIÈME
Sommaire
La doctrine de Mahomet. - L'Islam, c'est
le Christianisme adapté à la mentalité arabe. - Les pratiques
essentielles de l'Islam. - Le Koran n'est pas l'oeuvre d'un
sectaire, mais d'un politique. - Mahomet cherche à recruter
des adeptes par tous les moyens. - Il ménage les forces qu'il
ne peut abattre, les coutumes qu'il ne peut supprimer. - La
morale musulmane. - Le fatalisme. - Les principes essentiels
de la réforme opérée par le Prophète - Extension à tous les
Musulmans de la solidarité familiale. - Interdiction du
martyre. - Le Musulman s'incline devant la force, mais
conserve ses idées. - Le Koran est animé de l'esprit de
tolérance, non l'Islam, par la faute des interprétateurs du
deuxième siècle qui, en fixant la doctrine et en interdisant
toute modification ultérieure, ont rendu tout progrès
impossible.
L'Islam, c'est le Christianisme adapté à
la mentalité arabe ou, plus exactement, c'est tout ce
que le cerveau d'un Bédouin, pauvre d'imagination et
opiniâtrement fidèle aux habitudes ancestrales, a pu
s'assimiler des doctrines chrétiennes.
Incapable d'imaginer, le Bédouin copie et, en
copiant, il déforme. C'est ainsi que la législation musulmane
n'est que le Code romain, revu et corrigé par des
Arabes ; de même, la science musulmane n'est que la
science grecque interprétée par le cerveau arabe ; de
même encore, l'architecture musulmane n'est qu'une imitation
et une déformation de l'architecture byzantine.
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CHAPITRE SIXIÈME
Sommaire
L'Islam sous les successeurs de Mahomet. -
Même en Arabie, la croyance nouvelle n'a pu s'imposer que par
la violence. - C'est le désir de faire du butin et non le
souci du prosélytisme qui anima les premiers conquérants
musulmans. - L'expansion de l'Islam en Perse, en Syrie, en
Égypte, fut favorisée par l'hostilité des autochtones contre
les gouvernements Perse et Byzantin. - La lutte d'influence
entre La Mecque et Médine, qui avait contribué au succès de
'Mahomet, se poursuit sous ses successeurs, tantôt favorable à
Médine, sous les Califats d'Abou-Bekr, d'Omar et d'Ali, tantôt
favorable à La Mecque sous le Califat d'Othman. - Le parti
Mekkois triomphe finalement avec l'avènement de Moawiah. --
Luttes entre tribus, luttes entre individus, anarchie
chronique : voilà les caractéristiques de la société
musulmane et les causes de sa ruine future.
L'oeuvre de Mahomet, accomplie trop
rapidement, reposait sur des assises fragiles. Ce n'est pas en
vingt années qu'on modifie profondément la mentalité d'un
peuple, au point d'extirper des cerveaux tout germe des
anciennes croyances. Pour atteindre un pareil résultat,
il faut agir sur plusieurs générations successives et le
Prophète mourut avant que la génération qu'il avait conquise à
l'Islam eût été remplacée par une autre.
« Conquise » est le mot,
juste. C'est surtout par la force qu'il avait imposé sa
doctrine, et aussi en servant les goûts de rapine des
Bédouins. Toute tribu rebelle était immédiatement attaquée,
ses biens confisqués. Elle cédait à la violence et acceptait
la foi nouvelle ; puis, gagnée elle-même par l'appât du
butin, elle se joignait aux musulmans pour piller à son tour
le voisin.
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Site miroir du livre complet :
http://www.coranix.org/biblio/servier1923fr.htm