UNE BOMBE lacrymogène dans une salle de classe le matin, un coup de feu devant l'établissement l'après-midi : la journée a été violemment animée hier à l'intérieur et aux abords du lycée professionnel Jean-Moulin, avenue Charles-de-Gaulle au Blanc-Mesnil. Vers 10 heures, trois jeunes encagoulés pénètrent à l'intérieur des locaux scolaires. S'ensuit une bagarre. Les intrus vident des bombes lacrymogènes. Trois élèves ainsi qu'un professeur sont incommodés par les gaz. Le lycée de 770 élèves est évacué le temps de laisser les gaz s'évaporer. Les cours sont suspendus. Ils ne reprendront qu'en début d'après-midi.
Des pierres lancées sur une gardienne de la paix « Avec cet incident, on va encore dire qu'on est des racailles alors qu'on est contre la violence et que l'on a rien à voir avec cette histoire », s'emporte un délégué des élèves. Retour au calme. Provisoirement. Car vers 15 heures, au moment de la récréation, l'agitation repart de plus belle, à environ 50 mètres du lycée, face à un parc. Cette seconde affaire n'est pas forcément liée à la première. Une vingtaine de personnes dont, selon l'inspection d'académie, des anciens élèves du lycée Jean-Moulin, s'apprêtent à en venir aux mains. Soudain, un jeune homme tire en l'air avec un gomme-cogne, un pistolet à balles à caoutchouc. « J'ai entendu une petite détonation », assure un témoin. « La police est intervenue et a dispersé la foule en usant de la bombe lacrymogène. Ça courait dans tous les sens. Il y a eu un petit mouvement de panique », précise-t-il. Les jeunes prennent la fuite. Les forces de l'ordre tentent de les rattraper. Des pierres sont lancées sur une gardienne de la paix à VTT.
Interrogée hier, en fin d'après-midi, l'inspection d'académie préférait relativiser ces incidents. « Ce qui s'est passé dans l'établissement n'a rien de dramatique. Quant au reste, il s'est passé à l'extérieur du lycée », insiste l'un de ses responsables. Immédiatement après les altercations, le dispositif de sécurité autour de l'établissement a été renforcé. Hier en fin d'après-midi, une voiture de police patrouillait toutes les dix minutes devant le lycée. « Je ne comprends pas. C'est très, très calme d'habitude ici », s'étonnait un surveillant.