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Jihad Etats-Unis

Collin Powell chez Abdallah

L'étape marocaine de Powell intervient en effet après sa visite-éclair en Tunisie où furent évoquées avec Zine El Abidine Ben Ali, rencontré en son palais présidentiel de Carthage, « des questions relatives au terrorisme, la situation en Irak et la Feuille de route pour la paix au Proch-Orient » et avant Alger où il se rendra immédiatement après Marrakech.

L'étape marocaine de Colin Powell : un Américain à Marrakech

La tournée maghrébine de l'Américain Colin Powell n'est certainement pas un séjour de pure courtoisie. De Carthage à Marrakech et avant Alger, ultime étape du périple du Secrétaire d'Etat, la nouvelle vision en matière de politique étrangère de la Maison-Blanche s'affirme. Dans le même temps, le Maroc confirme son rôle de faiseur de paix et d'exception dans l'espace maghrébin.

Le voyage marocain du Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, arrivé mardi soir à Marrakech et reçu en audience, hier mercredi en fin de matinée, par le Souverain, est volontiers présenté dans un cadre maghrébin. L'étape marocaine de Powell intervient en effet après sa visite-éclair en Tunisie où furent évoquées avec Zine El Abidine Ben Ali, rencontré en son palais présidentiel de Carthage, « des questions relatives au terrorisme, la situation en Irak et la Feuille de route pour la paix au Proch-Orient » et avant Alger où il se rendra immédiatement après Marrakech.

La politique des grands ensembles et espaces est très certainement intégrée dans la vision du monde de Washington. « La carte du Maghreb n'est visiblement pas occultée dans la politique étrangère de la Maison-Blanche. Dans l'un des derniers discours de Bush, le Maghreb était très présent. Rappelez-vous : le Président américain avait rendu hommage au Souverain et l'exception marocaine en matière d'ouverture démocratique. Les Américains semblent délivrer ce message selon lequel l'espace maghrébin n'est plus désormais la chasse gardée de l'Union européenne et plus particulièrement de la France », relève un spécialiste des relations maroco-américaines.

La lecture française de la tournée maghrébine du haut responsable américain rejoint d'ailleurs cette analyse. Réaction de la porte-parole de l'Elysée, Catherine Colonna : « Tous les amis des pays du Maghreb sont satisfaits de voir que l'Union européenne n'est pas seule à s'y intéresser de près ». La déclaration toute diplomatique signifie une fois décodée que les Français tentent de faire bonne figure derrière un « Il était temps que les Américains s'intéressent au Maghreb » et en profitent donc pour « banaliser » la présence américaine à Carthage, Marrakech et Alger.

Au-delà de ces échanges diplomatiques sur fond d'influence dans le monde, la visite de Colin Powell revêt une importance extrême pour le Maroc. Et pour de multiples raisons. D'abord, le Royaume marque son retour sur la scène internationale et confirme son rôle de faiseur de paix. Le message du Souverain aux participants de la réunion de Genève -espace d'une réconciliation historique entre Palestiniens et Israéliens- en témoigne. La situation en Irak a été évoquée avec les responsables tunisiens. On imagine aisément qu'elle le soit aussi à Marrakech. On imagine aussi les Américains, plutôt seuls sur le flanc arabe, recherchant soutien par rapport au bourbier irakien.

Les hasards du calendrier

Hasard du calendrier, le séjour au Maroc du Secrétaire d'Etat intervient alors que s'ouvre au même moment à Washington et au niveau des experts le sixième round des négociations pour la conclusion d'un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et Rabat. « Un round particulièrement important car y sont évoquées des questions dites sensibles pour le Maroc : le volet agricole pour que soient préservés les équilibres, le développement du monde rural et les exportations marocaines », explique une source proche du département aux destinées duquel préside le tandem Benaïssa-Fassi Fihri. Et si du côté marocain on est prompt à rappeler que c'est un ami du Royaume en visite officielle-en référence au rôle joué par Colin Powell dans le règlement de la crise de l'îlot Leila, il est très probable que les sujets « sensibles » ont hanté les rencontres entre les deux parties. Le dossier du Sahara est en tête des préoccupations du pays. Le Plan Baker, l'entêtement de celui que Powell a justement remplacé au Département d'Etat, et la position américaine ont très certainement plané au cours des entretiens maroco-américains.

« Les Etats-Unis sont très sensibles à ce qui se passe au Maroc, très sensibles aussi à la manière avec laquelle le pays lutte contre le terrorisme depuis le 16 mai. Le modèle marocain entre stabilité et démocratisation semble s'imposer outre-Atlantique. Il est difficile dès lors de voir la Maison-Blanche devant la région du Maghreb s'enflammer à cause du non règlement du Sahara », commente un politique de la place. C'est la même question qui reviendra fort probablement à Alger où se rend le locataire du département d'Etat. Les Américains joueront-ils ici un rôle de médiation entre le Maroc et l'Algérie ? La question se pose avec acuité, surtout lorsque l'on sait que Rabat n'en finit pas d' appeler à l'ouverture d'un dialogue avec Alger sur le dossier du Sahara. A Marrakech, Colin Powell a rencontré des officiels : le Premier ministre Driss Jettou et le ministre des Affaires étrangères Mohamed Benaïssa.

Il a aussi rencontré le monde associatif, dont les représentants de Maillage, réseau d'associations de jeunes dans les quartiers populaires. « Le Secrétaire d'Etat américain voulait savoir ce qui se faisait au niveau des associations de jeunes dans les quartiers défavorisés. Il était très à l'écoute quant aux attentes mais aussi au désespoir de la jeunesse marocaine. C'était presque impressionnant », nous a déclaré le président du réseau.

Philip Angus Mortimer
mortimer@france-echos.com
   Les réactions   
pl 20 avril
Re : Collin Powell chez Abdallah
pl mardi 20 avril 2004

Re : Collin Powell chez Abdallah

preuve d'une entente entre le maroc et les états unis.

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