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Humour
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Provence-Alpes-Côte-d'Azur |
| mardi 30 novembre 2004 |
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Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... »
Pour la seconde fois inspiré par les coutumes traditionnelle de notre belle Provence et de ses enfants d'Afrique, notre ami Steph Bergol nous fait parvenir sa nouvelle œuvre, intitulée « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité… » et datée du 30 novembre 2004. Visite guidée de cette esquisse folklorique illustrant le mariage harmonieux et équilibré des cultures méridionale et musulmane.
Comme à son habitude, Steph Bergol est resté fidèle à la « ligne claire » chère à l'école franco-belge de bande dessinée. La composition est sobre, minimaliste. Les trois personnages évoluent dans un décor dénué de tout artifice.

Un subtil dégradé de couleur nous fait passer verticalement du bleu au jaune. Le bleu soutenu évoque indubitablement le ciel clair que l'on retrouve sur les deux rives de la Méditerranée. Le jaune évoque plutôt la sobriété pesante du sable du Sahara, mais son intensité pourrait également renvoyer l'observateur à une placette d'Aubagne chauffée au soleil et au pastis sous des eucalyptus asséchés par un mistral poussiéreux tandis que retentit l'appel du muezzin à la prière. Entre les deux, le dégradé laisse libre court à l'imagination et rappelle les couleurs des tissus provençaux. Mais cette transition douce amène également le témoin à une élévation spirituelle prenant sa source dans une minéralité dépouillée, ce qui n'est pas sans évoquer la transcendance naïve de la religion islamique.
Les seuls éléments de décor sont quelques pierres. Et encore, elles sont là uniquement comme instruments de l'activité des protagonistes de la scène et non comme accessoires ornementaux ou naturels, ce qui accentue la sobriété d'ensemble de l'œuvre et lui confère une charge pragmatique qui contraste avec sa perspective métaphysique.
Les deux personnages à l'arrière plan rappellent assurément des héros pagnoliens dont le récit des aventures familiales a enchanté l'imaginaire de tous les écoliers de France et qui réjouit encore de nos jours l'ingénuité des adolescentes de l'Atlas avides de partager par la pensée les tourments et les péripéties de personnages exotiques à leurs yeux. Le costume sobre et gris évoque quant à lui les interprètes cinématographiques de l'œuvre de Pagnol, du temps où l'on filmait encore noir et blanc. Les robes renvoient également une image d'activité professionnelle ; on dirait Panisse ou César sortis de leurs boutiques marseillaises pour goûter la langoureuse activité ludique traditionnelle qu'est la pétanque à l'heure des cigales et du pastis. Mais de subtils détails, comme les turbans blancs ou les babouches colorées, nous rappellent l'intention initiale de l'auteur : l'intégration parfaite de la double culture méditerranéenne.
Le troisième personnage se trouve au premier plan, ce qui démontre une volonté de mise en valeur par le dessinateur. On reprochera peut-être à ce dernier d'avoir utilisé un violet trop soutenu, évoquant davantage un costume féminin berbère que la robe d'une jeune Provençale. Peut-être peut-on voir dans cette couleur chatoyante une évocation des la flore parfumée de la Côte d'Azur ? Le subtil dégradé de couleur moucheté de rouge pourrait effectivement évoquer les marchées de Provence, bariolés et embaumant à souhait. Les pieds nus du personnage rappellent la sobriété de la vie des paysannes d'Afrique du Nord, mais peut tout autant réfléchir l'image d'insouciance juvénile d'une sauvageonne andalouse ou de la Fanny de Pagnol. Les quelques éclaboussures rouge vif renvoient à l'imaginaire de la représentation féminine et soulignent cette évocation d'une nubilité flegmatique mais provocatrice.
Cependant, les formes avantageuses de ce personnage font penser à une maturité et une féminité plus assurées. Par cette ambiguïté, le dessinateur a-t-il cherché à sublimer l'épanouissement sexuel de son héroïne ? La question, malgré sa hardiesse, mérite d'être posée, d'autant plus que le tableau évoque par sa construction une mise en perspective audacieuse des rapports érotiques entre les sexes. Tout est contraste : les deux messieurs, debout, affichent leur ancienneté et sont habillés de gris, tandis que l'unique fille ou femme agenouillée et sans âge revêt un habit de couleur. La dichotomie de la scène est renforcée par l'éloignement entre les deux plans, qui ne retrouvent un lien que par la gestuelle évocatrice de l'un des hommes. L'autre participe à ce rapport par procuration, si l'on peut dire, en partageant par la parole et le regard la relation sensuelle et distante de son partenaire de jeu. A cette activité masculine, la femme silencieuse répond par un dandinement de la tête certes discret, mais suffisamment appuyé pour que l'on comprenne qu'il participe à la communication. Sous un aspect statique et reculé, le dessin dévoile donc d'une manière remarquablement lapidaire une relation fortement connotée d'une intensité organique et charnelle qui contraste avec la minéralité de l'environnement.
Cette excessive audace érotique de l'esquisse symbolise, au-delà des rapports entre les personnages, l'autre communion suggérée - comme nous l'avons vu - de multiples manières par le dessinateur, à savoir un échange interactif entre les cultures musulmane et occidentale.
Les œuvres de Steph Bergol, qui tournent inlassablement autour du thème des rapports parfois harmonieux et parfois incertains entre l'islam et l'Occident, peuvent être librement téléchargées sur le site http://www.ifrance.com/stephbergol/ ; l'auteur nous invite à « faire circuler » ses dessins, mais rappelle dans un avertissement qu'il ne souhaite pas que ceux-ci soient utilisés « par des organisations, mouvements, personnes incitant à la haine raciale ».
(Bon Steph, maintenant que je t'ai fait de la réclame, tu veux la faire, la fresque « Fêtes pittoresques du Mouloud et du Ramadan à Sidi-Etienne-du-Zid » dont je t'ai parlé ? Enfin… quand tu auras fini « Femmes d'Anvers dans leur appartement », bien sûr.)
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| Les réactions |
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| Majeur |
mercredi 8 décembre 2004 |
Re : Re : Re : Re : Re : Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... » Francis Percy Blake.
Vous donnez la mesure sur F.E. Votre réponse manque. |
| Majeur |
jeudi 2 décembre 2004 |
Re : Re : Re : Re : Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... » Steph Bergol. Vous êtes un humoriste vous ne résisterez que très difficilement à "un bon mot" (un bon dessin).
R.Ed. Je ne veux pas entrer dans la polémique des différentes sensibilitées politiques au sein de F.E. Je souhaiterai vivement que nous ne nous laissions pas embarqués dans le toubillons des infos, devenant ainsi consommateurs avides d'émotions et non de réflexions. Or nous sommes, j'espère, tous convaincus que ce que dénonce F.E est de la plus ferme évidence.
Billy Suks. Je connais, comme chacun, la phrase de Desproges, mais je maintiens : On ne peut pas rire de tout. Dans mon message d'anniversaire je termine en vous disant : Restez lucide. J'aurais pu développer et dire : prenez garde au succès, à l'engouement de vos amis, à la facilité du champagne.
Vous me pardonnerez ce petit couplet un peu grave. Je tiens a vous. |
| Billy Sucks |
mercredi 1er décembre 2004 |
Re : Re : Re : Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... » Je suis partagé entre l'approbation du commentaire de Majeur, dont je salue le bon sens et l'"humanité" au sens propre du terme, et l'intérêt "pédagogique" du dessin de Steph pour dénoncer la peste verte. Ce dessin n'aurait évidemment posé aucun problème (sauf à faire enrager encore plus les frères Mrapetout) si le crime de Marseille n'avait pas eu lieu. Mais il faut bien se dire que des crimes semblables sont perpétrés couramment dans les pays bénis du prophète, et ce sous couvert de jugements "légaux".
Plutôt que "On ne peut pas rire de tout", je dirais, comme le très regretté Pierre Desproges : "On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui." Il serait tout à fait odieux de mettre ce dessin sous les yeux des proches ou des amis de Gofrane, à qui j'adresse toute ma sympathie, mais s'ils en ont connaissance peut-être trouveront-ils qu'il exprime avec force une condamnation sans appel des lâches assassins.
Enfin, FE n'est pas Charlie Hebdo, heureusement ; il ne se complaît pas dans le "pipi, caca, prout-prout", et rendons justice à l'impartialité de la rédaction qui laisse s'exprimer des opinions très diverses et contradictoires, tant que le débat reste au niveau des idées. Voilà ce que devrait être la vraie démocratie et non les singeries politiciennes affligeantes dont nos soi-disant "représentants du peuple" et princes énarques nous donnent quotidiennement le spectacle. |
| R. Ed. |
mercredi 1er décembre 2004 |
Re : Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... » Bien vu, Majeur, mais Steph Bergol est ce Monsieur qui n'apprécie pas, c'est le cas de le dire les propos de et Monsieur Le Pen. Encore que celui-ci a porté un commentaire beaucoup plus réservé et humain sur le cas de cette jeune femme. Lui ne se permet pas de tourner ce drame en dérision. Les "points de détails" de l'histoire, le seul reproche qu'on peut lui faire, c'est de parler la langue française presque à la perfection . Allez donc voir le mot "détail" au dictionnaire. |
| Steph Bergol |
mercredi 1er décembre 2004 |
Re : Peut-on rire de tout ? Il n'est pas question que de rire ! ! !
Il est clair que la lapidation est quelque chose d'ignoble ! Et la soumission à cette loi coranique est, elle aussi, ignoble ! ! !
Le dessin montre le côté ignoble de la lapidation ! Le fait de voir les 2 hommes insensibles à ce drame peut faire rire, c'est vrai. Mais il choque, aussi ! En terre d'islam aussi, très nombreux sont ceux qui refusent de voir le côté horrible, inhumain de la lapidation. Ca aussi c'est choquant ! ! !
Le dessin n'est qu'une mise en image, choquante, d'une triste réalité.
La victime du dessin n'est pas la vraie victime à Marseille. C'est peut-être en partie pour ça qu'un salaud l'a tuée. Je ne pense pas que Ghofrane ait été soumise à la loi islamique. Rien à voir avec la soumise en hijab du dessin, je pense. Et le meurtrier n'avait sans doute pas le loock de nos 2 joueurs. Une victime innocente n'est en outre jamais à blâmer. C'est toujours le boureau qui est blâmable ! Si même une muslima accepte la sentence coranique, elle reste une victime de la peste verte. Elle est bien plus à plaindre qu'à blâmer. Que Ghofrane et ses proches sachent donc que si j'ai réalisé ce dessin, ce n'est nullement pour porter atteinte à sa mémoire, mais pour lutter pour un monde meilleur, qui dénonce la violence gratuite !
Et dans le dessin, il s'agit bien de violence gratuite ! C'est choquant, je sais. C'est que le dessin atteind sa cible.
Ouvrons les yeux : la réalité n'est-elle pas bien plus choquante qu'un petit dessin ? |
| cris |
mercredi 1er décembre 2004 |
Re : Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... » Merci FPB pour votre explication aussi lyrique que philosophique de cette oeuvre abstraite. A prime abord, j'avais cru déceler un soupçon d'allusion à une forme de "blessures mortelles à coups de pierres". Mais dans votre style qui n'a rien de lapidaire, vous m'avez remis dans le droit chemin de la bonne pensée (unique). |
| Majeur |
mercredi 1er décembre 2004 |
Re : Re : Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... » On ne peut pas rire de tout. Si j'avais connu cette jeune femme lapidée à Marseille, je vous aurais insulté pour votre exercice de style.
Ne devenez pas un Hara-Kiri hebdo ( Charlie-Hebdo) qui, à prétendre dénoncer à l'époque, à fédéré des crétins fumeux aujourd'hui alterquelque chose QUI CHIENT sur la moindre parcelle de sacré.
Lorsqu'il y à caricature, c'est le trait appuyé que retient l'esprit, pas ce qu'il dénonce. Je n'aime pas voir les victimes utilisées en dérision.Même pour la "bonne cause" que l'on oublierait rapidement si ça tournait en guignol-land.
Le talent de Steph Bergol à largement matière à nous amuser avec les musulmans entre eux et leurs idiots utile.
Laisser cette môme en paix. |
| Steph Bergol |
mercredi 1er décembre 2004 |
Re : Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... » Super commentaire ! ! !
Pour la couleur de la robe de la "demoiselle" : Certes, il est vraisemblable que l'auteur ait cherché une complémentarité de couleur entre le beige du sol et le vêtement. Mais la couleur rougeâtre du sac à patate montre qu'avant même le supplice, la muslima se parait de la couleur du sang, acceptant par avance le supplice qui lui serait infligé, comme toute bonne soumise... Fréquentant l'auteur depuis sa plus tendre enfance, je sais que pour lui, marcher pieds nus est un vrai supplice. Ainsi, on peut deviner que la scène photographiée ici a eu de douloureux prémices... A noter que les hommes, eux, portent babouches. La femme musulmane, elle, ne semble pas avoir ce droit. C'est la marque de la supériorité de l'homme, marque du calvaire journalier de nombreuses femmes musulmanes subissant sans broncher le joug du mâle...
Je vous laisse, ma tête commence à fumer... |
| Fab |
mercredi 1er décembre 2004 |
Re : Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... » Bravo et merci pour ce moment de bonheur :o) Il ne manque pas de talent et d'imagination sur France-Echos, ça change de la routine lessivée des autres sites soit disant d'information …. |
| contrepoison |
mercredi 1er décembre 2004 |
Re : Dessin du jour : « Pétanque à Marseille, ou Pagnol revisité... » bravo pour le dessin, bravo pour le commentaire..le poids des mots, allié au choc des photos....j'ai dit une co-anerie ? ? ? ? |
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