Chape de plomb France

L'islam, par Tintin

Un article de l'hebdomadaire nouveau Tintin, N°98 du 26 juillet 1977, pages 26 à 32
On notera quelques imprécisions dans cet article, imprécisions qui ne nuisent cependant nullement au sens global de l'histoire racontée. Or cette histoire n'est pas du tout, et loin s'en faut, celle d'une religion pacifique et tolérant. C'est bel et bien l'histoire d'une religion violente et intolérante qui s'impose par la violence et l'intolérance (religion fondée par un homme violent et intolérant comme nous l'avons vu dans un précédent épisode paru antérieurement dans ce même magazine).

Il faut donc en conclure que dans les années 70, soit les publications destinées à la jeunesse étaient racistes, fascistes, islamophobes (voire nazies...) et incitaient à la haine entre les peuples, soit alors on pouvait dire ce qu'était vraiment l'islam parce que les musulmans étaient moins nombreux qu'aujourdhui et ne pouvaient pas imposer leur obscurantisme et leur fanatisme rétrograde par la violence et l'intolérance comme on les laisse le faire aujourdhui.

La mort de Mahomet plongea ses fidèles dans la stupéfaction et l'angoisse : jamais ils n'auraient imaginé que le prophète pût mourir comme n'importe quel homme ; son départ les laissa orphelins.

Mahomet lui-même n'avait rien prévu pour sa succession. Pourtant, il était bien nécessaire que quelqu'un prît la tête des nouveaux croyants, car l'unité de l'islam était encore trop jeune, trop fragile. Déjà, quelques tribus de bédouins commençaient à se révolter contre la discipline imposée par Mahomet.

Au cours de sa dernière maladie, le prophète avait désigné le fidèle Abou Bakr pour diriger les prières dans la mosquée de Médine ; les croyants élevèrent donc cet homme, dont la sagesse était respectée, à la dignité de calife.

A cette époque eut lieu une rébellion dont la répression frappa de nombreux musulmans qui connaissaient bien le Coran. Ce carnage donnera au calife l'idée de codifier le Coran pour la postérité. C'est ainsi qu'il recueillera chez les habitants de Médine une masse de documents dont la plupart avaient été directement dictés par le prophète lui-même.

La nouvelle de sa promotion surprit Abou Bakr au moment où il chargeait ses ballots d'étoffe pour se rendre au marché - ainsi du moins le veut la légende. Mais elle témoigne bien de l'humilité de cet homme qui refusa toujours de porter les moindres signes extérieurs de sa dignité et garda jusqu'au bout la vieille simplicité arabe.

Ce qui n'empêchait pas Abou Bakr d'être un homme politique avisé et un chef intraitable. Sitôt promu calife, il se lança dans une expédition à travers l'Arabie pour rétablir la discipline parmi les tribus révoltées.

Médine même était menacée. Sous la conduite d'Abou Bakr, les croyants fidèles réussirent à contenir les raids des nomades qui assaillaient la ville du prophète et à ramener tous les rebelles dans le sein de l'islam. Mais ces bédouins étaient si remuants qu'il fallait trouver un objectif à leur agressivité.

Cet objectif était tout trouvé : les deux puissants voisins de l'Arabie, l'Empire perse et l'Empire byzantin, à force de se battre l'un contre l'autre, s'étaient fait détester par les populations asservies, pillées. Le chemin était tout tracé devant cette force nouvelle de l'islam, prêt à partir à la conquête du monde.

L'ISLAM AUJOURD'HUI

II y a environ 680 millions de musulmans dans le monde, dont plus de 400 millions en Asie.

La religion islamique a compté jusqu'à 72 sectes dont beaucoup ont disparu aujourd'hui où ne subsistent que les grandes tendances principales.

Ces sectes ne sont pas séparées sur le fond des croyances, ni sur l'essentiel des pratiques religieuses, mais plutôt sur la question de savoir à qui revient l'autorité du chef suprême. Certains pensent que l'autorité doit revenir aux descendants de Mahomet, par diverses filiations, puisqu'on le sait, Mahomet eut de nombreux enfants [faux] de plusieurs épouses . D'autres pensent que le calife doit être désigné par investiture.

LES SUNNITES, ou orthodoxes, sont les plus nombreux (90%). Ils reconnaissent la légitimité des premiers califes qui succédèrent à Mahomet et désignent aujourd'hui le successeur du prophète par élection.

LES CHIITES, que l'on trouve surtout en Iran, en Irak et au Yemen estiment que l'islam doit être dirigé par un imam, successeur de Mahomet et de sa famille, descendant de Fatima, fille de Mahomet.

C'est ainsi que le chef actuel des Ismaéliens, l'une des sectes chiites, est l'Aga Khan.

LES UNIVERSITES ISLAMIQUES.

Dans le monde arabe, quelques universités très célèbres enseignent la pensée coranique et forment les ministres du culte et les juristes. L'université Al Azhar, au Caire, est la plus ancienne puisqu'elle fut ouverte dès le Xe siècle.

La Zitouna à Tunis, la Karaouine à Fez, Qum et Mashed en Iran, Agra Allahabad aux Indes sont aussi très renommées. Les imams orateurs sont surtout formés à Damas, Riyad, Istanbul ou Ankara.

Contrairement à ce qu'on pense souvent, les Arabes ne représentent qu'1/8 des musulmans, qui sont très nombreux aux Indes, en Afrique noire et en Océanie.

LE VISAGE DU PROPHETE.

L'interdiction de représenter les figures humaines ne se trouve pas dans le Coran et n'a jamais été appliquée dans les pays musulmans non arabes. Toutefois les sculptures à représentation humaine sont interdites dans tous les lieux de culte.

L'interdiction de représenter le visage du prophète, dont on ne possède aucun portrait véritable, remonte au XVe siècle, mais n'a jamais été appliquée dans certains pays, notamment en Perse, puisque l'image de Mahomet figure sur de nombreuses miniatures persanes. Nos lecteurs musulmans ne nous en voudront pas de l'avoir fait figurer sur une bande dessinée, puisque sans cette figuration il eut été impossible de raconter ainsi son histoire.

Textes : Claire Godet. - photo L.M
Illustrations : Jacques Fromont

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Chico Ray
chicoray@bigfoot.com

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