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Dimanche 30 mars 2008 | Saint Amédée |
actualisé à 09h34
RELIGION. --L'association des musulmans de la Côte Basque vient d'obtenir un permis
de construire pour sa mosquée. Elle voisinera avec un centre culturel
Bientôt
une mosquée
Cela fait plus de vingt ans qu'ils réclamaient un lieu de culte.
L'Association des musulmans de la Côte Basque a obtenu, au début du mois de
mars, son permis de construire. Elle va pouvoir édifier une mosquée sur un
terrain de 2 000 m2 situé rue Joseph-Latxague, sur la rive droite de l'Adour,
derrière l'hypermarché Leclerc. Actuellement c'est un champ de maïs, mais il est
constructible depuis la révision du PLU (Plan local d'urbanisme). En février
2007 le Conseil municipal avait approuvé, à l'unanimité, la cession de ce
terrain. Pour 10 euros le m2.
Depuis 1993, l'association était locataire rue Daniel-Argote, dans le
quartier Saint-Esprit. Mais pour la prière du vendredi, et surtout pour les
grandes fêtes musulmanes, qui attirent davantage de monde, ce local de 40 m2 se
révélait vite trop petit. Elle cherchait donc à en acquérir un qui soit vraiment
à elle, d'une superficie d'au moins 300 m2. Mais, ces dernières années,
plusieurs tentatives s'étaient soldées par des échecs. L'association avait même
acheté, il y a environ quatre ans, dans cette même rue Daniel-Argote, un terrain
de 318 m2 où elle imaginait construire son lieu de prière. Mais, à deux
reprises, le permis de construire avait été refusé.
Président de l'association des musulmans,
Abderrahim Wajou a donc accepté, il y a un an, la proposition de la ville
d'acheter le terrain de la rue Joseph-Latxague, y trouvant quand même quelques
avantages : « C'est un plus grand terrain et nous en serons propriétaires à 100
%. J'espère que, cette fois, nous obtiendrons le permis de construire », nous
avait-il, à l'époque, confié. Un an plus tard, son vœu est exaucé.
Pas
avant deux mois. Sur le terrain
de la rue Joseph-Latxague le panneau annonçant le futur chantier est installé,
mais les travaux ne pourront pas démarrer avant deux mois. Le temps nécessaire à
un éventuel recours des tiers. Par ailleurs les musulmans ne disposent pas
encore de la somme nécessaire au financement. Ils comptent, pour cela, sur la
vente du terrain de la rue Daniel-Argote, et sur les dons des familles
musulmanes de la région.
Quand ces obstacles seront franchis, le projet conçu par les architectes bayonnais Courtois et Abadie pourra
voir le jour. Le site, d'une superficie de 500 m² comprendra deux petits
bâtiments en rez-de-chaussée reliés par un couloir : la mosquée proprement dite
(qui pourra accueillir 300 fidèles) et un centre culturel qui abritera une
bibliothèque, une salle de conférences, et deux salles de classe. Elles pourront
servir au soutien scolaire, mais aussi, précise Abderrahim Wajou, à
l'enseignement des langues : l'arabe aussi bien que le basque !
Entre les deux bâtiments un
minaret d'environ 6 m de haut. Il était, à l'origine, prévu à l'entrée du site,
mais la mairie a exigé qu'il soit déplacé, et que sa hauteur soit réduite. Avec
les places de parking qui étaient en nombre insuffisant, cela fait partie des
modifications demandées qui ont retardé l'obtention du permis de construire,
déposé en octobre.
Abderrahim Wajou ne cache pas son soulagement de voir s'achever cette «
longue bataille ». « La religion musulmane est la deuxième de France. C'est
notre droit d'avoir un lieu de culte digne de ce nom ». Redoute-t-il les
réactions hostiles ? « Il y en aura toujours mais c'est justement ce lieu de
culte qui permettra aux gens qui nous sont hostiles de vraiment nous connaître?
» Entretenant de bonnes relations avec l'abbé Lavigne, curé de Sainte-Croix,
aussi bien qu'avec des représentants de la communauté juive, il voit dans le
futur site musulman de Bayonne « un lieu de
connaissance, d'échanges et de dialogue? »
