Mardi 17 octobre, 19h30 à la Maison de
Quartier en présence du Maire de Toulouse, Jean-luc Moudenc,
et du maire de quartier, Philippe Dufetelle.
Environ 150
personnes étaient présentes, pour plus d'une heure d'exposé du
tandem des maires sur les aménagements, les transports et
l'urbanisme.
Mais pas un mot sur le chantier de la mosquée
qui a débuté... tout juste quelques jours avant les menaces de
mort sur le professeur Redeker de Saint Orens de Gameville,
une ville située à moins de dix kilomètres à vol d'oiseau de
la salle de réunion. Ceci expliquant sans doute cela, et
inversement.
On note d'ailleurs que dans la salle il n'y a
pas grand monde originaire du quartier de la mosquée hormis
une petite délégation de Gaulois de la rue Jean Lebas, au bout
de laquelle se construit cette mosquée. Ils sont venus
récriminer contre le déplacement du terminus des bus,
actuellement situé au fond de la rue parallèle à la leur, et
qui finalement se retrouvera à plusieurs centaines de mètres
de là.
Ah, si UN habitant représentatif a fait le
déplacement, un jeune chef d'entreprise de 25 ans, comme il se
définit lui-même, qui regrette l'absence de zone franche à
Empalot. Il commence sa déclaration en se présentant comme
"fils d'immigré et immigré lui-même" (sic). Il regrettera
aussi que dans les 250 personnes adhérentes à son association
culturelle, 150 soient des personnes extérieures au quartier
d'Empalot. A propos d'association et de culture, la présidente
de la MJC (où sont dispensés non seulement des cours de langue
arabe mais aussi des cours de "civilisation & culture
arabe") signalera la paupérisation du quartier et l'insécurité
des locaux de la MJC.
Toujours pas un mot sur la mosquée, même pas
lorsque vient le détail du projet de réhabilitation de
l'église endommagée par l'explosion d'AZF et celui de la
rénovation de la place devant l'église Sainte Germaine afin de
l'adapter au futur trafic piétonnier généré par la sortie du
métro toute proche (qui sera mise en service
prochainement).
La réunion commençant à ronronner, nous posons
notre 1ère question concernant la déclaration du maire sur le
terrain municipal cédé "au prix du marché", soit au bas mot 10
fois moins que l'estimation des professionnels de
l'immobilier. Il nous est répondu que la décision de ce type
de transaction était du ressort des "domaines" qui en fixaient
le prix et que par conséquent il n'y aurait donc pas eu 1 € de
subvention déguisée sur le financement du projet. Nous n'avons
pas le temps de faire remarquer que n'importe quel citoyen qui
aurait voulu acheter ce terrain se serait vu proposé de
l'acheter non pas au prix du domaine (qui est le prix le plus
bas autorisé, et non pas un prix obligatoire de vente...) mais
au prix du marché. Et en fait, que n'importe quel citoyen
non-musulman se serait vu refusé le droit d'acheter ce
terrain !
Le maire de Toulouse enchaîne immédiatement par
la défense de sa position pro-mosquée, relevant que si une
question a été posée à ce propos sous l'angle de l'immobilier,
il ne faut pas se cacher qu'il y a peut-être derrière cette
question d'autres interrogations. Jean-Luc Moudenc commence
par rappeler que la mosquée de Paris ( ?) a sauvé des
enfants juifs durant la seconde guerre mondiale. A la
réflexion d'un participant signalant que "c'était il y a 60
ans, le monde a changé, la mosquée de Paris attaque maintenant
en justice le journal Charlie Hebdo pour blasphème" le maire
de Toulouse se contente de répondre qu'il n'est « pas au
courant » et poursuit la récitation de son catéchisme UMP
consistant à favoriser un islam modéré, respectueux de la
laïcité et républicain (sic).
A notre deuxième question sur l'autorisation
d'élever l'édifice à hauteur de 22 m, quand les riverains
voisins ne sont pas autorisés à le faire, il nous a été
répondu que concernant le COS (Coefficient d'Occupation des
Sols) sur cette parcelle précisément, la hauteur de
construction n'était pas limitée. Quelle chance ! Quel
heureux hasard ! Il a aussi précisé que les voisins
pouvaient espérer la même faveur, dans un futur meilleur.
Demain on rase gratis... Mr Moudenc nous explique qu'il
lui a fallu tout de même négocier pour éviter un minaret de 30
m et présente le minaret de 22 mètres comme une grande
victoire à mettre à son actif personnel. Alors qu'il lui
suffisait de dire "pas de minaret" pour qu'il n'y en ait
aucun. En fait, il lui suffisait de ne pas vouloir construire
une mosquée pour qu'il n'y en ait aucune. Mais quand on veut
islamiser Toulouse pour s'assurer le vote musulman...
La salle étant nettement acquise au maire et
manifestement beaucoup plus intéressée par les pistes
cyclables et les trottoirs que par la mosquée de la portion du
quartier où ils ne mettent jamais ni les pieds ni les pneus,
il était visiblement inutile de poursuivre les questions,
certains ayant déjà manifesté leur agacement. Les habitants
s'intéresseront à cette mosquée le jour où leur rue à eux
ressemblera à la rue Saint Roch, actuelle frontière non-dite
entre la zone musulmane et la zone non-musulmane :
épaves qui squattent véritablememnt les trottoirs et
appartements qui flambent. (dixit La Dépêche du Midi)
Sur tous les projets passés en revue, le maire a
systématiquement mis en avant la consultation des citoyens,
notamment des associations. Etrangement, concernant ce projet
de mosquée, non seulement personne n'a été consulté mais
surtout une chape de plomb est soigneusement maintenue sur le
sujet. Le début du chantier n'a pas même fait l'objet d'un
entrefilet dans l'incontournable journal local, La Dépêche du
Midi. Dans son édition du lendemain, 18 octobre, ce journal a
fait une édition spéciale avec un cahier de 8 pages consacré à
cette journée du maire dans le quartier. Sur le
plan de la page centrale, la parcelle du chantier de la
mosquée est toujours en vert, comme si c'était encore le petit
parc municipal qui a pourtant été vendu depuis plus de deux
ans. Une pleine page est consacrée à la réunion
publique de fin de journée : Pas un mot sur la longue
intervention du maire concernant la mosquée.
Raymond31, Grizzli
&