Chapitres XI, XII, XIII et XIV du livre
d'André Servier publié en 1923.
CHAPITRE ONZIÈME
La décadence arabe en Perse, en
Mésopotamie et en Égypte. - Les provinces, tombées
momentanément dans la barbarie, sous le joug arabe, renaissent
à la civilisation dès qu'elles peuvent s'émanciper. - Causes
générales de la décadence de l'empire arabe : Nullité
politique. Absence de génie créateur. Absence de discipline.
Mauvaise administration. Pas d'unité nationale. L'Arabe n'a pu
gouverner qu'avec la collaboration des étrangers. - Causes
secondaires : La religion, véhicule de la pensée arabe.
Trop grande diversité des peuples soumis. - Pouvoir despotique
du prince. - Condition servile de la femme. - L'Islamisation
des peuples soumis les élèves au niveau du vainqueur et leur
permet de le submerger. Les mariages mixtes. - L'influence
nègre. -Diminution des revenus de l'empire. - Les
mercenaires.
Il serait fastidieux de suivre dans tous ses
détails l'histoire des provinces soumises aux Arabes. On la
résumera hâtivement ; on insistera d'une façon
particulière, dans un chapitre spécial, sur celle du Maghreb
et de l'Ifrikia parce qu'elle permet de mieux comprendre la
mentalité et la psychologie du Berbère dont la connaissance
est nécessaire à l'élaboration et à l'application d'une
politique plus réaliste.
Les mêmes causes ayant produit partout les
mêmes effets, les divers pays conquis par les Arabes suivirent
l'exemple de l'Espagne et travaillèrent au démembrement de
l'empire. En Perse, en Mésopotamie, en Égypte, ce furent
surtout les sentiments nationalistes, éveillés par la
domination étrangère et fortifiés par les persécutions
religieuses, qui poussèrent les peuples à la révolte (1).
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CHAPITRE DOUZIÈME
L'histoire du Moghreb. - Les
caractéristiques du Berbère. -Dans toute l'Afrique du Nord,
l'élément arabe a été absorbé au point de disparaître
complètement. - Les qualités de la race berbère :
vigueur, sobriété, prolificité. - Ses défauts : Esprit
d'indiscipline, perfidie. Incapable de se plier à un grand
idéal, le peuple berbère n'a pu s'arracher à la barbarie
qu'avec un concours étranger. - L'oeuvre romaine. - Avec les
Arabes, il est retombé dans la barbarie et son esprit a été
frappé de stérilité par le dogme musulman. - L'influence
chrétienne et latine. - Curieux exemples de l'esprit
d'opposition et d'indiscipline du peuple berbère. -
L'imprégnation latine.
L'histoire du Moghreb et de l'Ifrikia
présente pour nous un intérêt tout spécial, puisque les
populations de ces deux provinces sont aujourd'hui sous notre
tutelle. Les documents les plus anciens des plus lointaines
annales constatent dans le Moghreb un peuplement primitif de
blancs brachycéphales, à angle facial ouvert, Peut-être des
frères des Celtibères et des Celtes : Ce sont les
Berbères.
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CHAPITRE TREIZIÈME
La Société Musulmane est une Société
théocratique. -La loi religieuse, inflexible et immuable,
régit les institutions comme les actes de l'individu. -La
législation. - L'instruction. -Le gouvernement. - La condition
de la femme. - Le commerce. - La propriété. - Dans les
institutions musulmanes, aucune originalité. - L'Arabe a imité
en déformant. - Dans les manifestations de l'activité
intellectuelle, il apparaît comme un paralytique et comme il a
imprégné l'Islam de son inertie, les peuples qui ont adopté
cette religion sont frappés de la même stérilité. - Tous les
musulmans, quelle que soit leur origine ethnique, pensent et
agissent comme un Bédouin barbare du temps de Mahomet.
Après avoir étudié l'histoire de l'Empire
arabe et pénétré les causes de sa chute, il n'est pas
impossible de comprendre la psychologie du musulman où plutôt
la déformation que l'influence arabe a fait subir, par
l'instrument de l'Islam, à tous les individus qui ont adopte
cette doctrine.
La Société musulmane est une société
théocratique. Tout y est régi par la loi
religieuse : les moindres actes de l'individu aussi bien
que les institutions. Dieu est le maître suprême, Le savoir
n'est considéré que comme un moyen de le mieux connaître, pour
le mieux servir. L'intelligence humaine, l'activité humaine,
n'ont d'autre but que de le glorifier. L'individu est plié à
cette conception par tout un réseau de mesures et de
prescriptions, ourdi au deuxième siècle de l'Hégire par les
docteurs de la foi.
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CHAPITRE QUATORZIÈME
La stérilité de l'esprit arabe apparaît
dans toutes les manifestations de l'activité intellectuelle. -
La civilisation arabe est le résultat des efforts
intellectuels des peuples étrangers convertis à l'Islam. - La
science arabe : astronomie, mathématiques, chimie,
médecine, n'est qu'une copie de la science grecque. - En
histoire et en géographie, les Arabes ont laissé quelques
travaux originaux. - En philosophie, ils sont les élèves de
l'École d'Alexandrie. - Eu littérature, à part quelques poèmes
lyriques sans grande valeur, ils s'inspirent des ouvrages
grecs et persans. - La littérature des Arabes d'Espagne est
d'inspiration latine. - Dans les beaux-arts, sculpture,
peinture et musique, la nullité des Arabes est absolue.
La stérilité de l'esprit arabe apparaît dans
toutes les manifestations de l'activité intellectuelle et,
plus particulièrement, dans les lettres, les arts et les
sciences dont la culture exige de l'originalité et de
l'imagination. Quand l'Arabe a voulu entreprendre une oeuvre
littéraire, artistique ou scientifique, il n'a rien pu tirer
de son propre fonds ; aussi, a-t-il copié, imité, sans
jamais rien inventer.
Ce qu'on appelle la civilisation arabe
n'a jamais existé en tant que manifestation du génie arabe.
Cette civilisation est due au labeur d'autres peuples déjà
civilisés et qui, asservis à l'Islam par la violence, ont
continué, malgré les persécutions du conquérant, à développer
leurs qualités nationales.
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